NO BRAIN NO HEADACHE: Noises and Torture Webzine
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Par Emilie & Manu d'obskure.com

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Par le biais du site des Swans tu vends des carnets, journaux intimes, vêtements, portraits… Pourquoi choisir de vendre ces affaires personnelles ?
Et bien, je suis " personnelle " dans mon travail, en ce qui concernent ces affaires, rien n'est permanent, tout fluctue. Un objet commence une nouvelle vie quand il change de propriétaire, et quant aux recettes de ces ventes elles sont réinvesties directement dans plus d'enregistrements !


Tu restes une femme très prolifique dans le domaine de l'art tout comme le sont aussi Diamanda Galas, Lydia Lunch, Kim Gordon, Karyn Crisis, Kembra Pfahler d'autres artistes New-yorkaises comme toi, tu en as même interviewé certaines par le biais de ton site Internet, des collaborations musicales seraient elles possible ?
Certainement, j'ai invité Mme Galas a travaillé sur une chanson, j'espère que ça marchera.


Comment décrirais tu la ville de New York, je crois que tu l'as quitté récemment ?
C'est impossible de décrire NYC en des termes simples et de façon succincte, cette ville est toujours dans un processus de mort et de renaissance, le New York qui a donné naissance aux Swans n'est plus. La partie du East Village et la scène post no-wave de Lower east est morte maintenant.
Pour moi NYC est comme un pays à part entière, quand tu vis la bas c'est comme si le reste du monde s'effaçait et il est facile de se laisser absorber par le mouvement de la ville quand tu y vis parce qu'elle se considère, à tord ou a raison, comme le centre du monde. Les New Yorkais sont ainsi suspicieux, arrogants, urbains, cyniques, égoïstes et distants.
Je n'ai pas vraiment quitté cette ville, tu ne quittes jamais vraiment NYC quand tu y a passé plus d'une décennie. J'y retourne fréquemment pour " absorber " de la culture, je me considère plus comme une nomade sans véritable maison, il y a juste à Atlanta où je possède une villa avec un grand jardin.


Les photos de Richard Kern que tu as faites à l'epoque d'Anhedoniac rappelle aussi un peu les peintures de Kembra au temps de the Voluptuous horror of Karen Black, t'en es tu inspirée ?
Rien ne m'inspire d'autre que moi même mais en fait c'est Kembra qui m'a maquillée le corps pour ces photos. Elles illustrent l'état d' " an-hédonisme " qui est l'incapacité de ressentir le plaisir.


Dans une interview récente avec Katie Jane Garside de Queenadreena elle nous disait à propos de ses prestations live intenses " c'est comme le sexe, tu le fais pour te perdre toi même et perdre ton sens de l'individualité, devenir universel, on m'a déjà dit que ça allait trop loin mais je me sens mieux dans cet état de démembrement, je me libère de ma prison ", est tu d'accord avec cette définition, sinon comment décrirais l'expérience live ? Est-ce que tu t'attaches toujours autant à l'aspect visuel/performance ?
Pour moi c'est le seul moment ou je suis vraiment moi même. L'aspect visuel est important, je le conçois comme une pièce de théâtre mais je n'ai pas besoin de costumes de maquillage ou de designer pour y arriver, c'est plus un état d'esprit.


Quel est ton meilleur souvenir live ?
Il y en a tellement, c'est dur d'en choisir un. Un fois avec les Swans, je chantais si violemment que j'ai forcé mon cycle menstruel à débuter. Du sang a alors ruisselé entre mes jambes jusque sur la scène laissant une tache nette sur le sol. Une autre fois un homme a sauté sur scène et ma léché le pied avec sa langue toute mouillée. Une autre fois encore, un policier suisse est venue sur scène me taper sur l'épaule pour stopper le show car il estimait qu'on jouait trop fort. Et puis il y a toutes ces fois ou j'ai quitté mon corps pour ne le retrouver ensuite que dans le dressing room, après le show.


A propos d'Internet, tu l'utilises pour vendre ta musique directement, grâce au journal en ligne ou aux interviews d'artistes tu as fais de ton site un endroit assez personnel, est-ce que ça te tient à Cœur ?
Oui je m'implique beaucoup dans mes sites Internet : je m'occupe de Error! Hyperlink reference not valid. et de Error! Hyperlink reference not valid., je reste aussi disponible par email et j'ai un contact direct avec beaucoup de fans. A cause de mon succès en temps qu'artiste Internet j'ai été invité à être une experte lors de la conférence des DMJ musique à New York il y a quelques années à propos des " artistes musicaux et de leurs sites Web ".


A propos de ton site toujours, c'est agréable de lire ces interviews "d'artiste à artiste" que tu as faites de gens que tu admires ou avec qui tu as collaboré, quelle est la dernière fois ou tu t'es senti vraiment fan d'un groupe, époustouflée par un concert ?
Ca n'arrive pas très souvent mais le groupe Low en 2002 au festival Beyong the Pale à San Francisco me vient tout de suite à l'esprit.